Les membres du comité d'Afar Speaking Pen ont effectué du jeudi 19 au vendredi 20 février derniers une tournée dans le nord du pays dans le cadre de la semaine nationale de la célébration des langues maternelles. L'année 2009 s'annonce chargée d'activités. Les responsables du comité d'Afar Speaking Pen ont, d'ores et déjà, mobilisé des énergies en vue de la traduction du Saint Coran en Afar dirigé par le Ma'doun Mahamoud Abdoulkader Hamza, descendant des Kabirto , du lancement d'une émission télévisée intitulée " AF KEE FEERA " (Langue et Plume) en collaboration avec la RTD et parrainée par Youssouf Abdallah alias Liyyantou, dont l'objectif sera de vulgariser les œuvres éditées par des auteurs connus ou encore anonymes. Il est également question de la création d'un journal critique littéraire qui mettra en valeur la langue (bilingue de préférence : Afar et français) et favorisera la publication des ouvrages inédits déjà achevés…. En tout cas, il y a du pain sur la planche. Au delà de sa mission au niveau local, Le Centre Afar Pen a une vocation régionale dans la mesure où il représente les afarophones qui vivent à Djibouti, en Ethiopie et en Erythrée.
Le mois dernier, l'arrivée discrète du ministre de l'Etat Fédéral Afar de l'Ethiopie à Djibouti, Rêdo, un artisan de l'alphabet latin afar avec Dimis en 1975, a permis de renforcer davantage la crédibilité du Centre Afar Pen malgré l'absence d'un siège et des moyens financiers pour ses activités. Au cours des deux mois à venir, plusieurs activités sont envisagées dans le cadre des projets prévus dans le plan d'actions à concrétiser mais leur réalisation ne se fera pas attendre si les moyens vont de pair avec les aspirations et inspirations du Pen Afar. , Des activités ont été lancées du 17 au 21 février derniers pour honorer les deux langues maternelles de Djibouti, comparables aux deux mamelles d'une mère, à travers des concours qui se sont déroulés au CDC d'Arhiba et à l'école Illeys, voisine du CEM Gabode, la seule école privée de notre pays où les langues maternelles sont enseignées. Les tests portaient sur la culture générale et la langue en Afar et se sont faits à deux niveaux, les cadets et les seniors. Toute personne, apprenant de la langue Afar ou pas, a pu participer à ce type d'activité, une première en son genre. En outre, une soirée littéraire a été organisée mercredi 18 février dernier dans l'immense salle H8 entre les étudiants et les auteurs de renommée CHEHEM WATTA, AICHA ROBLEH et non sans moindre MOHAMED HASSAN, auteur de " Parlons Afar " aux éditions de l'Harmattan grâce au dynamisme du jeune Idriss Houlay, étudiant en Licence de Droit et de son équipe de choc, Pour leurs œuvres, en l'occurrence " Data Yayyà, raconte-moi la vie ", recueil de contes de Aicha Robleh, l'éloge des voyous et Amours nomades de Watta, deux romans mais écrits en français ; et enfin Baxaaxe Qoborta de Mohamed Hassan, le deuxième roman en afar après celui de Rêdo paru en Ethiopie publié par le CERD, le débat a porté en gros sur la valorisation de la langue Afar par l'écriture en adoptant comme stratégie l'écriture comme travail d'invention et la traduction. Quant à la présidente du Centre Afar Pen, elle a commencé son discours par une boutade " Ce soir, nous allons honorer la langue afar et faire notre conférence débat en cette langue dans une université francophone ". Après l'intervention des auteurs, des étudiants sont intervenus sur les œuvres, sur leur parcours mais des requêtes ont été soumises telles que l'enseignement de la langue afar qui fait défaut à l'Université alors que son jumeau est enseigné depuis l'année dernière. Des personnalités comme Abdallah Kamil, l'ambassadeur plénipotentiaire de Djibouti au Japon, M Areita Ahmed Areita , le procureur de la République M Maki, ont honoré de leur présence cette soirée. Ont rejoint ce groupe d'honorables personnalités, la présidente de l 'association Atiofan Mme Fatouma Mohamed Robleh et M. Dini le président de l' ONG de l'U.D.C (Union pour le Développement Culture là qui on devrait attribuer la paternité de la promotion de la langue Afar). Le groupe de jeunes étudiants dont Idriss Houlay, Omar et Mohamed Issé, a saisi cette occasion pour remercier tous les honorables invités, le président de l'Université de Djibouti, M. Abdillahi Omar Bouh, et la doyenne de la Faculté de Droit, des Sciences Economiques et de Gestion, Mme Souraya. C'est dans une ambiance de fête que le Bureau exécutif du Pen Afar a fait jeudi 19 février passé une solennelle escale, d'abord vers Tadjourah, la ville blanche aux 11 moquées et ensuite vers Obock, l'historique ville coloniale émergeant des affres de la guerre civile et plus que jamais à fleur de peau de tous les projets de développement futurs avec le pont intercontinental. Après le festin offert par Houmed Maki, vice-président du conseil régional, les membres du Centre Afar Pen ont procédé à l'ouverture d'une antenne régionale. Au cours de cette cérémonie, le Centre Pen de Tadjourah, qui dirigeait auparavant et toujours d'ailleurs la publication d'Aybad (trimestriel paraissant en langue Afar), a présenté les activités réalisées par les différents membres. En aparté, il faut mentionner l'œuvre colossale, chef d'œuvre de vie d'Idriss Ali Bouha qui a écrit le Dictionnaire AFAR-ARABE composé de 10 000 mots et que le Centre Afar s'attellera à publier avec le concours du CERD, de la Présidence et le Pen International. Durant l'après-midi de cette même journée, cap vers Obock. Dans la matinée du vendredi 20 février, c'est la célébration de la journée de la langue maternelle à Obock. Hasna Houmed Abdallah, parlementaire et représentante de la région d'Obock, est l'hôte et l'ambassadrice de cette cérémonie. D'autant plus qu'elle est la seconde secrétaire Générale du bureau Afar Pen. Sur le terrain, il faut accorder une mention spéciale à ALI HOUMED HASSAN (dit Boss), Président du conseil régional, au Préfet Omar Faradda et au nouveau comité embryonnaire de Pen Centre d'Obock dont les membres ne sont pas encore désignés officiellement. Mais cela ne saurait tarder. Notons que le représentant de Tostaan et membre du bureau d'Obock, Ahmed Sheikh, a animé la cérémonie avec brio. Figuraient au programme de la journée un excellent sketch joué par des lycées et collégiens, la lecture des poésies et la distribution des récompenses aux meilleurs poètes. " Il sera plus un défi qu'un rêve pour moi de parler en langue Afar en 2010. Pour le reste, on ne peut concevoir la citoyenneté dans la sensation étrangère éprouvée par rapport à une langue ". Lors de son entrevue avec le journaliste de la RTD, Hasna Houmed a rappelé que Dikhil sera à l'honneur. |